lundi 23 février 2015

La bande dessinée relève-t-elle des Études populaires ?

Ce vendredi 27 février, rendez-vous à Amiens, pour une conférence sur  "La représentation de la Seconde Guerre mondiale dans la bande dessinée". Organisée par les Études Populaires d'Amiens Métropole (EPAM), la soirée se déroulera en deux temps : à 17h, séance de dédicace et de 18h30 à 20h, conférence. Il y sera question de Vivre à en mourir, bien sûr, mais aussi de la série Résistances, puisque Jean-Christophe Derrien, son scénariste, sera à mes côtés.

 Vivre à en mourir planche 37
© Le Lombard/Galandon/Puchol 
Couleurs : Laurence Croix

 Et pour tout savoir sur les EPAM, c'est par ici !

Vendredi 27 février 2015 à 17h
Librairie Chapeau melon et piles de livres
11 rue des Lombards
80000 AMIENS

vendredi 6 février 2015

Dzim boum boum !


Non, ce chef d'orchestre courroucé n'est pas Herbert von Karajan, mais Sergiu Celibidache. Ce dessin est paru dans la toute dernière livraison des Allumés du Jazz. Il illustre comme d'habitude l'article de Jean-Louis Wiart, qui tente cette fois-ci de répondre à l'angoissante question : "Où est la musique ?".

Oser dire que « la musique n’est rien ». C’est pourtant sous ce titre provocateur que des écrits assortis de quelques interviews d’un chef d’orchestre fameux ont été réunis pour composer une sorte de manifeste. Il s’agit du roumain Sergiu Celibidache qui nous a quittés en 1996. Le titre peut d’ailleurs être facilement mal interprété, car le propos de l’auteur n’est en fait nullement de nier l’importance de la musique, mais simplement de confirmer qu’elle n’existe pas « matériellement ».

Ainsi commence l'article du bon Jean-Louis, que j'espère vous avoir donné envie de lire dans son intégralité ! Rien de plus simple : ce numéro 33 des Allumés du Jazz est gratuit, disponible dans les salles de concert, par abonnement auprès de la rédaction (2 rue de la Galère 72000 Le Mans) ou encore téléchargeable sur le site éponyme.

dimanche 18 janvier 2015

"Tu rêvais d'être libre et je te continue"

C'est par ce vers d'Éluard que Christiane Taubira termine le très bel hommage qu'elle a prononcé lors de la cérémonie rendue à Tignous, ce jeudi 15 janvier. Corinne Rey, alias Coco, dessinatrice rescapée de la tuerie à Charlie Hebdo, "continue" aussi Tignous à sa manière.

Comment "te continuer" ? Comment vous continuer tous, vous les dix-sept victimes des exécutions de la semaine dernière ?

Je n'ai pas pu - ou su, ou voulu - faire un dessin de circonstance comme nombre de mes consœurs et confrères. J'ai continué, non sans mal, l'album en cours.


Et pour dérisoire que cela puisse paraître, je vais aussi continuer à faire l'auteure de BD en dédicace, comme par exemple vendredi 23 janvier, chez Univers BD.

Tout simplement, je continue.

mercredi 7 janvier 2015

Je suis Charlie





N'oublions pas Charb, Wolinski, Tignous, Cabu, mais n'oublions pas non plus : Honoré, Bernard Maris, Moustapha Ourad, Michel Renaud, Franck Brinsolaro, Ahmed Merabet, Frédéric Boisseau et Elsa Cayat... et les onze blessés dont quatre grièvement.

vendredi 2 janvier 2015

L'année 2015 sera combative


J'emprunte la carte de vœux des États Généraux de la Bande Dessinée pour mettre cette année 2015 sous le signe d'une belle combativité !

Les EGBD (États Généraux de la Bande Dessinée), qu’es aquò ? Voici un début de réponse :

Après des décennies de croissance économique, la Bande Dessinée est entrée dans une période d’incertitude. La multiplication du nombre d’albums a fini par provoquer une diminution des ventes de chaque titre, donc de leur rentabilité pour les éditeurs comme pour la plupart des auteurs. Mais la BD est un milieu de passionnés, et tout le monde a pris sur soi.
Mais les auteurs se sont trouvés soumis, en plus, à une explosion des prélèvements obligatoires : complémentaire retraite, formation professionnelle, TVA… Pour beaucoup, c’est entre un et deux mois de revenu annuel qui disparaissent. Ces hausses ont fini par provoquer un important mouvement social. L’ampleur de cette mobilisation et les inquiétudes qui ont été énoncées à cette occasion nécessitent, au-delà des urgences, une réponse à long terme. D’autant plus que ces questionnements rejoignent ceux de beaucoup d’éditeurs, libraires, festivals, écoles, critiques…
La situation économique est en effet inquiétante, mais l’avenir l’est aussi, car de nombreuses mutations sont en cours. Quel sera le modèle économique de l’édition numérique ? Comment mieux exporter la BD franco-belge pour ne pas subir la mondialisation, mais en profiter ? Que faire face aux nombreuses attaques contre le droit d’auteur ? Quid de la montée en puissance des géants de l’internet ? Tout cela dans une crise économique qui n’en finit pas…
C’est pour cela que nous avons décidé de convoquer des États Généraux de la Bande Dessinée.

Je vous invite bien évidemment à lire la suite ainsi que toutes les informations présentes sur le site des EGBD.  Le bureau de l'association - Benoît Peeteers, Denis Bajram et Valérie Mangin - m'a fait l'honneur de me demander de parrainer cette aventure aux côtés de Pénélope Bagieu, Nicolas Barral, Philippe Dupuy, Daniel Goossens, Emmanuel Lepage, Serge Le Tendre, Wilfrid Lupano, Frank Margerin, Ralph Meyer, Marion Montaine, Arthur de Pins et Isabelle Rabarot.

L'ouverture des EGBD sera donc proclamée lors du prochain Festival d'Angoulême, le vendredi 30 janvier 2015. Toujours à Angoulême, le samedi 31, le Groupement des auteurs de BD du SNAC appelle à une manifestation à 14h30, qui ira du Champ de Mars à l'Hôtel de Ville, en passant par l'Espace Franquin et les Halles. Vous trouverez le moyen d'y participer même si vous n'êtes pas au FIBD, en cliquant ici.

lundi 22 décembre 2014

Forever Forest

Au tout début du mois de décembre, le magazine Casemate m'a demandé d'écrire un texte pour sa rubrique Strip au cœur. Son principe : Chaque mois, un grand de la BD vous présente l'album qui lui a tapé dans l'œil, dixit la rédaction de ce mensuel bien connu des amateurs du 9e art. Ça tombait bien : je venais justement de consacrer un commentaire de planche à Hypocrite et le monstre du Loch Ness, au cours de la quatrième édition du SoBD ; et j'avais envie d'en dire un peu plus sur cette extraordinaire création de Jean-Claude Forest. C'est donc le volume suivant, Comment décoder l'Etircopyh, qui a les honneurs de ce numéro 77.


De là à dire que je décode Forest, faut pas décoder ! Qu'y a-t-il d'ailleurs à décoder alors qu'il suffit de suivre ce formidable auteur dans le moindre recoin de son ébouriffante fantaisie ?

samedi 6 décembre 2014

Malik Oussekine

On a beaucoup évoqué ce jeune homme à l'occasion de la mort violente de Rémi Fraisse, il y a quelques semaines.

 ©Bollée/Puchol/Casterman

C'était il y a tout juste vingt-huit ans, dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 décembre 1986. En marge d'une manif étudiante contre la réforme Devaquet, Malik Oussekine était bâtonné à mort par des policiers des Pelotons Voltigeurs Motorisés.

 ©Bollée/Puchol/Casterman

Voici maintenant six mois, Laurent-Frédéric Bollée m'a proposé un scénario basé sur ces événements. Un roman graphique d'à peu près 200 pages, qui paraîtra début 2016 dans la collection Écritures chez Casterman. J'aurai donc l'occasion de vous en reparler.


 Plaque apposée en 2006 devant le n°20 de la rue Monsieur-le-Prince

mardi 25 novembre 2014

(Cir)conférences des tables rondes

Dernier rendez-vous de ce mois de novembre hyperactif, le 4e SoBD ouvre ses portes vendredi prochain.

"SoBD, toute la bande dessinée au cœur de Paris" : comme chaque année, des centaines de livres sur la BD et un riche programme de rencontres sont proposés à l'amateur. Expositions et performances, auteurs, fanzines et éditeurs indépendants viennent compléter le tableau. Vous trouverez le programme complet de ces réjouissances sur le site dédié.

Dessin © David B.

En ce qui me concerne, j'interviendrai au cours de deux tables rondes. La première s'inscrit dans le cycle consacré aux invités d'honneur de cette édition, David B. et Jean-Marc Pontier, son biographe. "Raconter la guerre autrement", tel est le thème qui nous réunira David B. (L'ascension du Haut-mal, Les Meilleurs ennemis…), Stéphane Dubreil (membre de l'ACBD, Guerres et histoire…), Emmanuel Guibert (Le Photographe, La guerre d'Alan…) et moi-même autour de Thierry Lemaire (membre de l'ACBD, Zoo…), le samedi 29 novembre de 14h30 à 15h30.

Je dédicacerai Vivre à en mourir à l'issue de cette rencontre, sur le stand de la librairie, au centre du salon.

Le lendemain dimanche 30, de 17h30 à 18h30, je me livrerai au périlleux exercice du "Commentaire de planches", aux côtés de Ann Miller (universitaire anglaise, Reading bande dessinée), Harry Morgan (théoricien, Principes des littératures dessinées) et Philippe Morin (éditeur, PLG).

SoBD 2014
Espace des Blancs Manteaux
48 rue Vieille du Temple 75004
Vendredi 28 novembre 2014 de 15h00 à 19h00
Samedi 29 et dimanche 30 novembre 2014 de 11h00 à 19h00

Entrée gratuite. Inscription préliminaire gratuite sur le site pour les rencontres et ateliers.

lundi 17 novembre 2014

Quand la BD fait "BOUM !"

Pourquoi le festival de la BD de Blois s'appelle-t-il BD BOUM ? Peut-être parce qu'il aurait pu s'appeler VLAN, comme Val de Loire Animation, l'association qui le créa en 1984. Tout ça pour dire que je participerai à sa 31ème édition le week-end prochain, en compagnie d'une foultitude d'auteurs talentueux et sous l'égide du grand Étienne Davodeau, lauréat du Grand Boum-Ville de Blois l'année dernière. Et que toute la programmation se trouve sur le site de la manifestation.

Vivre à en mourir détail de la planche 38
©Le Lombard/Galandon/Puchol
Couleurs : Laurence Croix

En ce qui me concerne, le vendredi sera consacré à une rencontre avec les scolaires autour de Vivre à en mourir ; après quoi vous pourrez me retrouver le samedi après-midi et le dimanche, en dédicace de cet album et des différents titres auxquels j'ai participé aux éditions Des Ronds Dans l'O (Moi, Jeanne d'Arc ; En chemin elle rencontre t.1 et t.3).

BD BOUM
Vendredi 21 novembre de 16h à 18h
Samedi 22 novembre de 16h à 19h
Dimanche 23 novembre de 11h à 13h et de 15h à 17h
Halle aux Grains
41000 BLOIS

mardi 11 novembre 2014

Les livres sont faits pour durer

 © Puchol/Tirésias

J'ai eu la très bonne surprise de découvrir, ces jours-ci, une chronique de Sylvain Venayre à propos de Charonne - Bou Kadir. Agréable découverte non seulement parce que le texte est élogieux - merci, Sylvain Venayre ! -, mais parce qu'il a été publié en février 2014, soit près de deux ans après la sortie de l'album aux éditions Tirésias.
Ajoutons qu’une bande dessinée avec une bibliographie savante, des notes, un appareil critique contenant les références exactes des citations du texte présent dans les bulles, ce n’est pas si fréquent. On aimerait en voir plus souvent, y compris dans ces reportages dessinés qui, bien souvent, dans leur volonté d’imiter le travail des journalistes, s’affranchissent paradoxalement de cette « morale de l’intelligence » consistant à indiquer précisément ses sources. Jeanne Puchol y est très attentive, car les notes ici importent d’autant plus que beaucoup d’entre elles proviennent du livre d’Alain Dewerpe, tout à la fois historien et fils d’une des figures martyres représentées, dans Charonne – Bou Kadir, avec une belle pudeur et une grande efficacité (lire l'intégralité sur  le site des Cahiers d'histoire, Revue d'histoire critique).

© Puchol/Futuropolis

Plus surprenante encore, cette page extraite de Dessous troublants et analysée (en anglais) par Pascal Lefèvre sur son remarquable site Tools for Analyzing  Graphic Narratives & Case Studies.

Au-delà de la satisfaction pour mon petit ego de figurer à côté de Winsor Mc Cay ou Régis Franc, je trouve plutôt rassurant que cet album, publié chez Futuropolis en 1986, ait toujours une visibilité, vingt-huit ans (!) après sa parution… Il est d'ailleurs encore disponible auprès de Gallimard - qui gère les stocks de mon tout premier éditeur de façon franchement constipée : le livre n'est évidemment plus en librairie, mais tant qu'il n'est pas épuisé, impossible pour moi de le faire rééditer !

jeudi 6 novembre 2014

Mémorial(es) de Caen


 Photo © Mémorial de Caen

À Caen, il y a un Mémorial, Cité de l'histoire pour la paix. Il y a aussi les Mémoriales, cinq jours de rencontres et d'échange autour de l'actualité de la Seconde Guerre mondiale. J'y participe demain vendredi 7, où j'irai à la rencontre des élèves de seconde du lycée Laplace ; et dimanche 9, où je dédicacerai Vivre à en mourir de 11h à 17h sur le Salon du livre.

Le programme, les auteurs présents... en cliquant ici. Les livres présentés sont surtout des essais historiques. Il y a quelques titres pour la jeunesse et apparemment une seule bande dessinée. Je pourrai donc vérifier s'il y a plus d'amateurs de bande dessinée chez les passionnés d'histoire que d'amateurs d'histoire chez les lecteurs de bande dessinée...

Mémorial de Caen
Esplanade Eisenhower
14050 Caen
02 31 06 06 44

samedi 1 novembre 2014

Moisson tardive


Julien Dupré, Les glaneuses, 1880

La moisson de cet automne estival se poursuit avec deux articles : celui de Philippe Zamari sur le blog BD de Nice-Matin, et surtout celui de Stéphane Dubreil sur le site Theatrum Belli, dont voici le dernier paragraphe :
L’histoire est bien connue, des films, des chansons, des documentaires la racontent. Mais jamais on avait approché avec autant d’émotion ces épisodes. Si l’histoire de Marcel est forte, le scénario la ramène sans cesse vers sa part d’humanité. Ce qui, une fois, la dernière page tournée, la rend plus forte encore. Chaque lecteur se sent proche du héros. Ses choix, ses actes sont lumineux. Cette impression est encore renforcée par le dessin de Jeanne Puchol. Son trait sent l’humanité. Visiblement, elle aime son personnage et nous le fait aimer aussi. Le contraste entre la violence de l’époque et la douceur des planches de l’album donne plus de puissance à l’engagement de Marcel, pas question d’abandonner un monde qui pourrait être aussi accueillant à la barbarie. Impression rehaussée par le travail de la coloriste, Laurence Croix, dont la palette étonne. A mille lieux des couleurs du Paris de 1944, les mauves ou les roses qu’elle emploie s’allient parfaitement avec le style Jeanne Puchol et la marche du scénario de Laurent Galandon en donnant à la France de Vivre à en Mourir, un air de Paradis perdu. Cet album est une des plus belles réussites parmi les albums de guerre cette année.


© David B.

La guerre est précisément une des thématiques qu'abordera le SoBD - toute le bande dessinée au cœur de Paris - cette année. Ce qui me donnera l'occasion de retrouver Stéphane Dubreil le samedi 29 novembre de 14h30 à 15h30, en compagnie de David B. et Emmanuel Guibert pour la conférence "Raconter la guerre autrement" :
En cette période de commémorations, les bandes dessinées sur les deux conflits mondiaux abondent. Comment se démarquer des sempiternelles descriptions de combats pour évoquer la guerre ? Éléments de réponse à travers La guerre d’Alan d’Emmanuel Guibert, La lecture des ruines de David B. et Vivre à en mourir de Laurent Galandon et Jeanne Puchol.

Je vous en reparlerai, car d'autres rendez-vous se profilent d'ici là !