mardi 2 février 2021

Virtuellement vôtre

Je vous en informais dans le précédent post : initialement prévue début décembre 2020, la 10e édition du SoBD n'aura lieu qu'en décembre 2021.

 

Pour vous faire patienter jusque là, voici le e-SoBD ! Organisé en partenariat avec la Bibliothèque Publique d’Information du Centre Pompidou, il vous proposera une soirée en ligne le lundi 8 février prochain, de 17h à 21h.

 

Au programme : la remise du Prix Papiers Nickelés-SoBD - la liste des ouvrages sélectionnés est à retrouver ici ; la revue de littérature où une brochette d'experts discutent d’ouvrages sur la bande dessinée ; un grand entretien avec Jean-Claude Mézières animé par Sonia Déchamps, et ponctué de commentaires de planches choisies parmi son œuvre. Comme chaque année, je me plierai à l’exercice !

e-SoBD
Lundi 8 février 2021
17h-21h
En direct sur www.bpi.fr
ou sur Facebook
https://fb.me/e/3XGJuTxXn

dimanche 17 janvier 2021

Le fameux coup de dés

Il est grand temps de vous présenter tous mes vœux pour 2021 ! 


Si j’ai choisi de placer cette année sous les auspices du dé, ce n'est pas seulement parce qu'elle comportera sa part de hasard. Le saviez-vous ? En additionnant les six faces d'un dé, 1+2+3+4+5+6, on obtient 21. Un coup de dés forcément gagnant pour 2021, donc.

Depuis maintenant neuf ans, je fais partie du comité de pilotage du SoBD. L’édition 2020, initialement prévue début décembre, avait été reportée à début février 2021 pour cause de confinement. La situation sanitaire nous oblige à reporter à nouveau : cette 10e édition se tiendra donc en décembre 2021, avec les mêmes invités d’honneur et le même pays mis en lumière.

© Willem pour le dessin et le logo/Luc Duthil pour la maquette

Pour plus d'informations, je vous invite à consulter le site du SoBD et sa page Facebook.

lundi 14 décembre 2020

Un sphynx de papier

Je ne vous ai pas donné de ses nouvelles depuis le 26 avril : François Mitterrand, du moins son double de papier, m’a accompagnée tout au long de ces derniers mois et va continuer à le faire encore quelques semaines.

Au scénario, Patrick Rotman s’attache à la carrière politique du futur président de la République dans les années 50 et plus précisément à trois affaires qui ont défrayé la chronique.

La première partie de l’album, la plus longue, démarre en mai 1954, au moment de la défaite de l’armée française à Dien-Bien-Phu. 

Ah, la quatrième République, ses gouvernements qui valsent et ses ministres qui ne passent pas forcément à la postérité… Qui se souvient de Léon Martinaud-Déplat, alors ministre de l’Intérieur ? Parmi les acteurs de la machination qui va se mettre en place, on trouve aussi le préfet de police Jean Baylot, ainsi que le secrétaire général du comité de défense nationale, Jean Mons.

De gauche à droite : Martinaud-Déplat, Baylot et Mons

Pendant ce temps, à la rédaction de L’Express, les jeunes Françoise Giroud, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Pierre Viansson-Ponté œuvrent pour amener Pierre Mendès France au pouvoir.

De gauche à droite : Viansson-Ponté, Giroud, Servan-Schreiber

C’est chose faite en juin 1954 : désigné président du Conseil, Mendès France cède aux instances de François Mitterrand, qui devient son ministre de l’Intérieur.

 Au centre, René Coty, à sa droite, Mendès France, puis Mitterrand

Et c’est là que les ennuis vont commencer pour celui-ci. On ne peut pas dire qu’il s’en préoccupe outre mesure. En tout cas, cela ne l’empêche pas d’aller draguer les starlettes sur les plateaux de cinéma !

 
© Puchol/Rotman/Delcourt 2021

dimanche 1 novembre 2020

Chamailleurs de tous les pays...

© Jeanne Puchol/Les Allumés du Jazz, 2020

Pour le numéro 39 des Allumés du Jazz, j’ai été invitée à illustrer le mot Chamailleur, et plus précisément ce texte écrit par Albert Lory, pour sa brillante rubrique Encyclopédie :

Dérivé du verbe chamailler « combattre » jusqu’au début du XVIe siècle, le terme signifie ensuite, dans sa forme transitive, « se disputer au sujet de futilités ». Le président de la République française l’a employé le 1er mai 2020, exprimant «une volonté forte de retrouver dès que possible, les 1er mai joyeux, chamailleurs parfois». Chamailleurs, ces anarchistes américains exécutés en 1887 parce qu’ils luttaient pour la journée de 8h ? Chamailleurs, ces ouvriers et ouvrières sur qui la troupe tira à Fourmies le 1er mai 1891 ? Plus d’un siècle d’une lutte des classes réduite à de petites disputes récréatives, à moins que notre pilulier, emberlificoteur du « en même temps », ait pensé le mot en son sens premier (1080) « tailler en pièces ». À qui le tour ?

Paru en septembre, ce numéro est disponible à la lecture et au téléchargement gratuits ici. On peut aussi s’abonner à la version papier au tarif de son choix ici. Et ça tombe bien, parce que les différents lieux où cet excellent journal est disponible - disquaires, salles de concert… - sont à nouveau fermés jusqu’à nouvel ordre, re-confinement oblige.

En bonus, l'esquisse et l'encrage de cette chamaillerie.


samedi 10 octobre 2020

Shots entre amis à Cognac

 Les 16, 17 et 18 octobre prochains, je serai à Cognac à l’occasion du festival Polar.

Illustration © Fred Vervisch

Richard Bohringer est l’invité d’honneur de cette 25e édition qui fait la part belle, comme d’habitude, aussi bien au cinéma qu’à la télévision, à la littérature qu’à la bande dessinée. De nombreuses réjouissances sont au programme, dont vous retrouverez le détail ici.

Pour fêter ces 25 ans, Les Humanoïdes Associés ont demandé à une trentaine d’auteurs et autrices,  primés ou sélectionnés par le festival de Cognac au fil des années, de réaliser un récit court en bande dessinée. L’anthologie qui les réunit, Polar, Shots entre amis à Cognac, paraîtra le 14 octobre prochain. On peut en lire une présentation sur le site de l’éditeur et sur Publikart.

Illustration Fred Vervisch, conception graphique Jerry Frissen ©  Humanoids Inc. 2020

Invitée en 2005 à Cognac pour y présenter Les Jarnaqueurs, adapté du roman éponyme du regretté Michel Boujut, j’ai donc participé à cet album collectif avec une courte histoire à l’humour bien noir, Querelle de voisinage, dont voici la première page - en exclusivité mondiale, petits veinards.

© Jeanne Puchol/ Humanoids Inc. 2020

L'ouvrage sera présenté officiellement le vendredi à 19h30. Je le dédicacerai, ainsi que mes titres les plus récents, le samedi toute la journée et le dimanche matin.


Vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18 octobre 2020
Festival Polar de Cognac
Centre de congrès La salamandre
Place Jean Monnet
16100 Cognac

dimanche 13 septembre 2020

Quand bédé et cinéma font leur Bédérama

Organisé par le Forum des Images de Paris, Bédérama est un festival dédié aux liens entre le cinéma et la bande dessinée.

 

Catherine Meurisse est l’invitée d’honneur de cette deuxième édition qui se déroulera du 17 au 20 septembre prochains. En guise de soirée d’ouverture, un Bédéramdam opposera deux équipes en une battle de dessins : d’un côté Marion Montaigne, Dorothée de Monfreid, Pochep et Thibaut Soulcié, tous contributeurs de la Revue dessinée ; et de l’autre, Florence Cestac, Lætitia Coryn, Guillaume Bouzard et moi-même.  

Dessin © Pixel Vengeur/2020

Outre l’affiche du festival, Pixel Vengeur a réalisé le portrait de ses confrères et consœurs invité.es. Ces dessins seront exposés sur place, et vous pouvez d’ores et déjà les découvrir ici.

Projections de films, rencontres, expositions, bref programme complet des réjouissances sur le site du Forum des Images.

Bédérama
Du 17 au 20 septembre 2020
Forum des Halles
2 rue du Cinéma
75001 Paris

samedi 29 août 2020

En espagnol dans le texte

Los Niños salvados est sorti récemment aux éditions Ponent Mon.

Il s’agit de la version espagnole de l’album collectif Les Enfant sauvés, initialement paru en 2008 aux éditions Delcourt, sous la direction éditoriale d’Elisabeth Haroche.

Avec Philippe Thirault au scénario, j'y racontais le destin du petit Abraham, né en Macédoine dans une famille juive, obligé de fuir la Grèce avec ses parents, trouvant refuge en Turquie puis en Égypte, avant de partir s’installer en Israël. Et Jef Martinez avait mis son étonnante palette de couleurs au service de cette histoire mouvementée.


Au moment de la sortie française, j'avais consacré un billet à cet album, qu’on pourra lire ici-même.

Douze ans plus tard, je suis extrêmement contente que ces "huit histoires de survie" poursuivent ainsi leur chemin.

vendredi 12 juin 2020

En mémoire de la Promenade

Le 14 juillet 2016, un camion fonce dans la foule présente sur la Promenade des Anglais à Nice.

Presque quatre ans après, Promenade de la mémoire réunit les témoignages de six victimes de cet attentat, adaptés en bande dessinée par Alexis Sentenac, Edmond Baudoin, Céline Wagner, Joël Alessandra, Alexis Robin et moi-même. Sa parution a été reportée à plusieurs reprises, à cause de la pandémie. Il est enfin en librairie depuis le 3 juin.

Illustration © Joël Alessandra/Des Ronds dans l'O, 2020

Quand Marie Moinard, fondatrice des éditions Des ronds dans l'O, m’a contactée l’année dernière pour participer à cet album, j’ai beaucoup hésité. Le but, la prévention de la radicalisation, était louable, toutes les garanties avaient été réunies autour du recueil des témoignages, effectué par Isabelle Seret, spécialiste en sociologie clinique et formée en victimologie appliquée… mais me faire l’écho de tant de violence, de tant de souffrances me semblait a priori trop dur.

Et puis j’ai lu le témoignage de Séloua, qui a perdu sa sœur aînée Aldjia ce soir-là. La double peine subie par cette jeune femme d’origine algérienne et confrontée à l’islamophobie la nuit du drame, alors même que sa sœur est l’une des victimes, m’a convaincue de passer outre mes réticences.

Il s’agissait d’adapter la transcription du témoignage, longue de cinquante-deux pages, en onze planches de bande dessinée… Après avoir lu et relu ces pages, rétabli le fil chronologique d’un récit rendu chaotique par l’émotion, identifié les différents protagonistes, les différents lieux, j’ai fait ce premier chemin de fer, à partir duquel j’ai écrit le scénario.


J’ai tenu à conserver autant de phrases prononcées par Séloua que possible, tant elles m’ont frappée par leur sincérité, leur force et, de manière plus inattendue, leur poésie.

Voici la première version, en deux pages, du récit de la panique face à la foule qui fuit sur la promenade des Anglais.


Puis l’esquisse ramenée à une seule page.


Et enfin la planche définitive.
© Jeanne Puchol/ Des Ronds dans l'O, 2020

 Quelle plus belle récompense que ces paroles de Séloua, à qui Isabelle Seret a montré mes planches :

« Ce brouhaha de la planche 2, c’est vraiment ce que j’avais dans la tête. Est-ce que j’allais mourir ? On passe de la joie à la peur puis à la confusion et on voit le changement de climat d’une page à l’autre. Ce sont mes yeux. L’artiste a bien perçu que ce sont mes yeux parce que dans mon cerveau, je n’ai pas encore compris. Là, je vais pouvoir témoigner, laisser une trace. À travers le récit et grâce aux illustrations, cela donne de l’empathie et ça permet de comprendre ce que j’ai ressenti pour donner un peu d’humanité. Je voulais donner ce vécu humain et déchirant autrement que dans les médias. J’aimerais partager ces planches là où je vais prier, à l’école, dans les cours d’éducation civique. C’est une manière de faire de la prévention et de faire vivre ma sœur. Je veux comprendre les causes de sa mort. Je veux donner un sens à sa mort. C’est très bien pour cela. »

En savoir plus sur Promenade de la mémoire, lire des extraits, commander l'album ? C'est possible sur le site des éditions Des Ronds dans l'O.

dimanche 26 avril 2020

Brève de confinement

Ce blog a été bien inactif depuis deux mois ! Mais je n’ai pas chômé, malgré le confinement.

Par exemple, j’ai eu le temps de finir le découpage dessiné de mon prochain album.



Oui, oui, ce visage ne vous est pas inconnu : il sera bien question de François Mitterrand, du moins de son implication dans plusieurs scandales politiques qui défrayèrent la chronique pendant les années cinquante. On assistera ainsi au délitement de la IVe République, sur fond des deux guerres coloniales - Indochine et Algérie - qui l’accompagnèrent.

Au scénario : Patrick Rotman, fin connaisseur de l’histoire de la gauche française - lire ou relire Générations, avec Hervé Hamon - et de ce président élu en 1981 - voir sa série documentaire François Mitterrand ou le roman du pouvoir ou encore son roman Un homme à histoires.

La sortie de ce roman graphique est prévue en 2021 aux éditions Delcourt ; et Patrick Rotman l'évoque au détour de cet entretien accordé à Ouest France à l'occasion de la diffusion de son documentaire Goulag - Une histoire soviétique.

dimanche 23 février 2020

À mes glorieuses aînées

J’ai eu deux fois l’occasion de rendre hommage à mes glorieuses aînées, ces dernières semaines.

La première m’a été offerte par Christian Staebler, pour le tome 2 de La Grande aventure de la bande dessinée (PLG).


Ce deuxième volume traite du tournant des années 60 et 70 et, comme le premier, est illustré de strips parodiques. Christian Staebler m'a proposé le chapitre 1974-1979 – Où sont les femmes ? Plusieurs d’entre elles étant passées par les pages de l’éphémère magazine 100% féminin Ah!Nana, j’ai repris les personnages de trois des plus emblématiques : le Cloune de Nicole Claveloux, le Harry Mickson de Florence Cestac, et le Andy Gang de Chantal Montellier. Et j'ai imaginé les retrouvailles de ces anti-héros cinquante ans plus tard, dans une époque qui a bien changé…

© Jeanne Puchol/PLG, 2020

La deuxième occasion est liée, plus tristement, à la disparition de l’immense Claire Bretécher, le 11 février dernier. J’ai dit et redit combien son talent, sa drôlerie et son intelligence avaient été des éléments déterminants pour mon propre parcours. Lui rendre hommage dans la dernière livraison de L’Humanité Dimanche (20-26 février 2020) était donc bien le moins que je puisse faire.

© Jeanne Puchol/L'Humanité Dimanche, 2020

dimanche 26 janvier 2020

Nicole Claveloux en majesté

Le Festival d’Angoulême ouvre ses portes le jeudi 30 janvier. J’y serai dès la veille pour deux visites guidées de l’exposition Nicole Claveloux - Quand Okapi rencontre Métal Hurlant, réservées aux professionnels - journalistes, exposants et auteurs accrédités.

© Nicole Claveloux

Assurer, avec Jean-Marc Lonjon, le commissariat de cette exposition m’aura permis de participer à la redécouverte de cette autrice culte, comme le dit si bien Lucie Servin dans le dernier numéro des Cahiers de la BD.


Outre une interview passionnante de Nicole Claveloux, on pourra lire un entretien où j’évoque ma rencontre avec son œuvre.


L’intégralité de la bande dessinée Une gamine toujours dans la lune, initialement parue en décembre 1977 dans le numéro 6 d’Ah!Nana, complète ce copieux dossier.

Les originaux seront visibles dans l’exposition, ainsi que ceux de plusieurs autres récits publiés dans ce magazine hors du commun, injustement victime de la censure. On y retrouvera aussi des planches de Grabote et Léonidas, de Cactus acide et Beurre fondu ou de Louise XIV, figures familières aux lecteurs d'Okapi. L'exposition fait également une large place aux illustrations et peintures réalisées au cours de ces cinquante dernières années par cette artiste prodige et prodigue.

Nicole Claveloux - Quand Okapi rencontre Métal Hurlant
Hôtel Saint-Simon
15 rue de la Cloche Verte
Angoulême


Mercredi 29 janvier 2020 - Journée réservée aux professionnels
Visites guidées de 11h à 12h et de15h à 16h


Du jeudi 30 janvier au dimanche 2 février 2020 -
Ouverture au public 
10h à 19h

vendredi 17 janvier 2020

À ne manquer sous aucun prétexte

Dans son numéro 108 de ce mois de janvier, L’Immanquable prépublie Paroles pour Aldjia, un récit de onze pages à paraître chez Des Ronds dans l’O dans l’ouvrage collectif Promenade de la mémoire, enrichi de quatre pages d’interview.


© Jeanne Puchol/Des Ronds dans l'O/L'immanquable 2020

L’album, consacré à l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, réunit six auteurs et autrices - Joël Alessandra, Edmond Baudoin, Alexis Robin, Alexis Sentenac, Céline Wagner et moi-même - qui ont adapté six témoignages de victimes ou de proches de victimes en bande dessinée. Il paraîtra le 15 avril prochain mais sera disponible en avant-première au FIBD d’Angoulême.

© Jeanne Puchol/Des Ronds dans l'O/L'immanquable 2020

Le même numéro de L'Immanquable ouvre ses colonnes à Céline Wagner et son récit La douleur des mots. Merci au rédacteur en chef, Frédéric Bosser, pour ce beau cadeau de début d’année.

Mais oui, au fait : j’allais oublier de vous la souhaiter bonne et heureuse !

© Jeanne Puchol 2020