mardi 31 mai 2011

Michel Boujut

 Dédicace avec Michel Boujut, Angoulême 2005

J'ai appris dimanche soir, avec stupeur et tristesse, la mort de Michel Boujut. De nombreux journaux ont consacré un article à cette disparition, tels La Charente Libre, où Michel tenait une chronique régulière, ou encore Télérama.

J'avais fait sa connaissance en 2004, lorsque j'avais choisi son Poulpe, "Les Jarnaqueurs", pour l'adapter en BD (éditions 6 Pieds sous Terre, 2005). Au vu du reportage photo que j'avais réalisé sur les lieux de l'action, sa ville natale Jarnac, Michel m'avait laissé carte blanche pour l'adaptation. L'année 2004 avait malheureusement été endeuillée par le décès accidentel de sa fille Marianne. D'où ce dessin, au dos de la page de titre :

© Puchol/6Pieds sous Terre

Au moment de la sortie de l'album, j'avais sollicité La Charente Libre. Le quotidien régional nous avait offert son stand, tout pavoisé de planches agrandies, au Festival d'Angoulême 2005.



Une dédicace organisée par les soins de Michel à Jarnac, une autre lors du festival Polar and Co de Cognac ; un dîner à La table de Claire, où il était "chef d'un soir" ; des rencontres au gré des manifestations de l'automne dernier contre la réforme des retraites : autant d'instants mémorables en la compagnie de cet homme fidèle à ses goûts et à ses convictions, érudit et rebelle à la fois.

Il y a quelques semaines à peine, Michel m'avait invitée à la lecture, par Michel Piccoli, d'extraits de son dernier roman , "Le jour où Gary Cooper est mort". Ne pouvant m'y rendre, je lui avais écrit :  "l'occasion se représentera". C'était en fait la dernière occasion et je l'ai ratée.

Quelques-uns de ses livres :
Le jeune homme en colère aux éditions Arléa.
Vues rapprochées, chroniques de Charente Libre aux éditions Le Temps qu'il fait.
Souffler n'est pas jouer, La vie de Marie-Thérèse qui bifurqua quand sa passion pour le jazz prit une forme excessive, Le jour où Gary Cooper est mort aux éditions Rivages.

Le blog de Michel Boujut.

jeudi 19 mai 2011

Forêt, magie, enfance


Que de forêts, dans « Jeanne d’Arc » ! Le Bois-Chenu derrière la maison natale de Domrémy, la forêt qui jouxte Orléans, cette autre aux abords de Beaugency, celle-ci non loin de Paris…

J’aurais pu aller voir de quoi chacune avait l’air. Qu’y aurais-je trouvé ? Une de ces forêts chétives d’aujourd’hui, sans rien de commun avec celles d’hier, qui couvraient alors une grande partie du territoire.


J’ai donc préféré en inventer une, à partir de photos d’arbres et de sous-bois prises à Lorient, à Fontainebleau, au Mont Beuvray et en Touraine ; en regardant, aussi, les illustrations de Bilibine. C’est dire que je n’ai pas représenté la forêt, mais l’idée de la forêt ; une forêt irréelle, puisque non réaliste, plus à même d’évoquer la forêt médiévale, plus à même aussi de traduire son mystère.


Essayons de la voir avec les yeux de ses contemporains : à la fois bienveillante – elle assure le bois de chauffe, les baies et les plantes – et menaçante - touffue et sombre, habitée d’animaux sauvages ; et, quand on s’y perd, peuplée de fées et de sorcières…

Prêter vie à l’inanimé, souffle à l’immobile, voir des présences dans les formes, en avoir peur ou se sentir protégé par elles : la pensée magique, propre au « primitif » comme à l’enfant, est ici à l’œuvre. Cette forêt enchantée, envoûtante, n’a plus qu’à devenir un personnage à part entière.

Détails planches 7, 13, 41 et 42
© Dupuis/Puchol/Mangin
Couleurs : Elvire de Cock

J'ai écrit ce texte pour le catalogue du 1er Festival de la planche originale qui aura lieu le week-end de l'Ascension, à l'Ecole des Filles, au Huelgoat. Au menu :  exposition vente d'originaux, tables rondes et séances de dédicace. Tous les détails en cliquant ici.

Ce festival sera suivi d'un accrochage qui durera tout l'été jusqu'au 26 septembre. Fédérées autour du thème "L'arbre qui cache la forêt", se côtoieront les œuvres de vingt-sept artistes modernes, dix-huit artistes contemporains et vingt-six auteurs de bande dessinée. Pour en savoir plus ou télécharger le dossier de présentation, c'est par ici

vendredi 6 mai 2011

As she came riding thru the dark


Clairement, l'album qui sort aujourd'hui est plus en phase avec la poésie érotico-onirique de Leonard Cohen qu'avec celle de Péguy ou Claudel - d'où le titre de ce billet.

Une présentation de l'album et les trois premières pages sont à découvrir sur le site des éditions Dupuis ; et une première critique est déjà en ligne sur BDgest.

Bon, d'accord, mais qui dit tome 1 dit tome 2 : avec un sens aigu de la synchronisation, j'en ai fini l'encrage hier ! Malheureusement, il faudra attendre janvier 2012 pour le tenir entre ses mains. Pourquoi si tard ? Aaaaaah, vous ne connaissez pas bien votre calendrier johannique : le tome 1 sort deux jours avant la date de la délivrance d'Orléans, qui est aussi celle de la fête de la "cold and lonesome heroine", et le tome 2 pile poil pour ses 600 ans, puisqu'elle serait née en janvier 1412.

Allez, vous l'avez bien mérité : Leonard Cohen chante "Joan of Arc" (enregistrement live 1988).